Les confrères comboniens de la province Togo-Ghana-Bénin se sont retrouvés à Agoé pour une session de Formation Permanente sur le thème : Relecture du Concile Vatican II. La session a été animée par le P. Pierre Chanel Affognon, prêtre du diocèse d’Aného.
Dans la matinée de mardi 30 avril, le P. Pierre Chanel a présenté l’historique du Concile, les contenus du Concile.
L’après midi du 30 avril a été occupé par des travaux en quatre groupes autour des thèmes traités : les quatre Constitutions : La Révélation (Dei Verbum), la nature de l’Eglise (Lumen Gentium) la Liturgie (Sacrosanctum Concilium) et l’Eglise dans ce monde (Gaudium et Spes), par la mise en commun et le débat en assemblée.
Le jeudi 2 mai, P. Pierre Chanel a brièvement présenté quelque liens entre le Concile et les deux Synode pour l’Afrique (1994 et 2009), en mettant en relation les documents du Concile avec les deux Exhortations apostoliques post synodales : Ecclésia in Africa (1996) et Africae Munus (2011). Un débat en assemblée a conclu la matinée et notre session de FP.
1. Intervention de p. Pierre Chanel Affognon : Relecture du Concile à 50 ans de son ouverture.
1.1 Approche historique.
Beaucoup de gens d’église, laïcs et clercs, cultivaient un désir, celui de terminer le Concile Vatican I qui avait été interrompu le 20 septembre 1870, au moment de l’entrée des soldats français, qui soutenaient le nouveau royaume d’Italie, dans la ville de Rome. C’était la fin du pouvoir temporel du pape qui était ainsi dépossédé des territoires italiens sur lesquels il avait le pouvoir. Dès ce moment le pape se considérait prisonnier au Vatican, le seul territoire qui lui restait.
Les grandes mutations provoquées par les deux guerres mondiales exigeaient aussi un changement dans l’église et les fidèles sentaient cette urgence. Il fallait actualiser et harmoniser la foi avec les réalités de l’homme de ce temps. Des grands théologiens accompagnaient avec leurs études cette nécessité bien présente dans l’église : Yves Congar, Lagrange, Henri de Lubac, Jean Daniélou, Joseph Ratzinger entre autres.
On sentait le besoin d’une nouvelle approche théologique et d’un retour à la Patristique en même temps que se développaient des mouvements de renouveau au niveau liturgique et marial.
On pensait à un Synode de Rome, un Concile Œcuménique, une Révision du Code de Droit Canon
Dans ce climat et, pris par le même souci de renouvellement et d’aggiornamento, le pape Jean XXIII le 25 janvier 1959 annonce la convocation d’un Concile Œcuménique.
La curie romaine est surprise par cette annonce, néanmoins elle se met à l’œuvre et prépare les documents à soumettre aux pères conciliaires pour leur approbation.
Le Concile s’ouvre le 11 octobre 1962 et la première session se terminera le 8 décembre 1962.
Dans le discours d’ouverture le pape Jean XXIII annonce un Concile pastoral, d’aggiornamento et de miséricorde.
Réunis au Concile les pères conciliaires remettent en question tout le schéma qui leur est présenté et ils demandent que le Concile lui-même soit le lieu de la discussion et du débat pour un discernement approfondi.
Dans la première session on parle de Liturgie.
Le 3 juin 1963 meurt pape Jean XXIII et la cardinal Jean Baptiste Montini est élu pape et il prend le nom de Paul VI.
La deuxième session se déroule du 29 septembre au 4 décembre 1963. On parle de la nature de l’église, du rôle des évêques, de l’unité des chrétiens et du dialogue interreligieux. Tout cela avec un regard nouveau particulièrement envers le Juifs.
Sont promulgués par le pape Paul VI les deux premiers documents : la Constitution SacrosanctumConcilium sur la Liturgie et le décret Inter Mirifica sur les Communications sociales.
La troisième session s’ouvre le 14 septembre et se termine le 21 novembre 1964.
Sont publiés les décrets sur l’œcuménisme Unitatis Redintegratio et sur les Eglises Orientales, Orientalium Ecclesiarum et la Constitution dogmatique sur l’église, Lumen Gentium. Commence la discussion sur la liberté religieuse.
La quatrième et dernière session s’ouvre le 14 septembre et se termine le 8 décembre 1965.
En octobre sont promulgués les décrets sur les évêques Christus Dominus, sur le vie religieuse Perfectae Caritatis, sur le formation des prêtres Optatam totius Ecclesiae renovationem; les déclarations sur l’éducation chrétienne Gravissimum éducationis momentum et sur les relations avec les religions non chrétiennes Nostra Aetate.
Au mois de novembre apparaissent la Constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum et le décret sur l’apostolat des laïcs Apostolicam Actuositatem.
A la veille de la conclusion du Concile, le 7 décembre 1965 le pape Paul VI signe la Déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis Humanae, les décrets sur l’activité missionnaire de l’église Ad Gentes et sur le ministère et la vie des prêtres Prestyterorum Ordinis et la Constitution pastorale Gaudium et Spes.
Les discussions sur la liberté religieuse et sur l’église dans le temps contemporain ont emmené à un grand débat avec des positions très différentes.
Le Concile se conclut le 8 décembre 1965.
Dans le suivi du Concile sont créés les Commissions pontificales pour les Média et Communications, et la Doctrine de la foi, ainsi que les Secrétariats pour l’Unité des chrétiens et pour le Dialogue avec les non chrétiens.
1.2 Les contenus du Concile
Dans le Concile. l’église, qui en a pris conscience, se propose de dialoguer avec le monde pour être au service de l’homme. Elle prend donc à cœur les problèmes de l’homme.
- L’Eglise elle-même. Lumen Gentium (Paul VI, 21 novembre 1964)
Elle veut passer de l’église-autorité (pape, évêques, prêtres) à une église proche du Christ, humble, incarnée. Elle est le sacrement, signe et moyen de l’union entre Dieu et l’homme. Le royaume de Dieu est donc le lieu du salut, qui vit le ‘déjà et pas encore’. L’église toute en étant sainte elle est appelée à se purifier. Elle n’est pas faite de fonctionnaires de Dieu.
Elle est le peuple de Dieu et le sacerdoce est de tous les baptisés, donc les fidèles en participent.
Nul n’est plus étranger dans l’église qui est une, et en qui on reçoit un baptême trinitaire.
Laïcs : désormais, ils sont définis en partant de leur baptême et ils ont tous la même dignité dans l’église. Ils sont le levain dans la pâte. Marie est présentée au cœur de l’église.
- La Liturgie.SacrosanctumConcilium (Paul VI, 4 décembre 1963)
La liturgie demande une participation réelle et profonde, consciente et active. Elle est vécue comme une offrande vivante au Père, dans le Fils et par la force de l’Esprit.
On ouvre aux langues locales et on reforme le cycle liturgique sur les trois ans.
- Révélation Divine, Parole de Dieu. Dei Verbum (Paul VI. 18 novembre 1965 )
La révélation divine se fait dans la Parole de Dieu et dans la Tradition de l’église. Elle n’est pas seulement une série de dogmes, mais une rencontre avec le Christ, verbe qui s’est fait chair et annonce de la Bonne Nouvelle. Cela est un acte gratuit de Dieu qui fait alliance avec le monde.
Le Concile prend en considération l’interprétation et l’exégèse de la Parole de Dieu ; la formation biblique et la traduction de la Bible.
- Eglise dans le monde. Gaudium et Spes (Paul VI, 7 décembre 1965)
Il n’y a plus de condamnation du monde. Mais plutôt une solidarité avec les hommes et les femmes de ce temps. On est appelés à discerner les signes des temps, ‘hic et nunc’, ici et maintenant. Elle donne une contribution à la construction du monde d’aujourd’hui. On parle de la dignité de l’homme et de la famille, de la culture, de la communauté politique, des situations économiques et de la paix.
- Oecuménisme. Unitatis Redintegratio. . (Paul VI, 21 novembre 1964)
C’est le dialogue entre les chrétiens, abattre les murs et créer des ponts. Les excommunications mutuelles, entre catholiques et orthodoxes, sont levées. On compose un Lectionnaire œcuménique et on met en marche le mouvement qui arrivera à la TOB, Traduction Œcuménique de la Bible.
- Liberté religieuse. Dignitatis Humanae (Paul VI 7 décembre 1965)
On reconnait l’importance de la conscience de la personne.
- Relations avec les religions non chrétiennes. Nostra Aetate (Paul VI, 28 octobre 1965)
On parle de la nécessité et le bien fondé du dialogue mais aussi un net refus du syncrétisme.
2. Relation des travaux en groupe
2.1. LiturgieSC 2,10. Reforme liturgique réelle, Sacramentaux et Réception des sacrements.
Le texte parle de l’Eucharistie. La participation est très distraite et détournée de l’essentiel. Il faut aider les fidèles. Le sens même de la célébration est à récupérer. Il faut une plus grande proximité avec les fidèles et les écouter. Eviter les improvisations farfelues et avoir une entente avec les chorales.
Au niveau inculturation. L’importance de la langue pour la compréhension du message évangélique. L’église doit dire clairement quels gestes ou rites on peut faire et quels non. Traduire la Parole de Dieu en langue locale.
Sacramentaux. Définir ce que l’on doit bénir et ce qu’on ne bénit pas.
Il y a une dichotomie entre la foi et la vie ordinaire : syncrétisme, polygamie,…
Catéchèse. Il n y a pas d’internalisation des valeurs chrétiennes pendant le chemin du catéchuménat. La catéchèse est réduite à la mémorisation et répétitions des textes et dogmes sans une rencontre profonde avec la personne du Christ. Les sacrements sont considérés comme des diplômes et non une étape d’un chemin de vie nouvelle dans l’église en Jésus Christ. Il y a une carence dans la formation des catéchistes. Les familles n’aident pas les catéchumènes à vivre les valeurs chrétiennes de foi, au quotidien.
2.2. La nature de l’église. LG 10, 11, 12, 28. Difficultés actuelles à améliorer dans les relations évêque-prêtres-laïcs, en vue d’une église-communion.
Notre expérience avec les évêques est en général positive. Peut-être, il peut y avoir quelques gestes d’autoritarisme dans certaines circonstances, qui empêchent de s’exprimer librement.
Il y a surement du chemin à faire dans la relation entre le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des fidèles: le sacerdoce commun attend tout du sacerdoce ministériel et celui-ci prend la place du premier.
Les laïcs. Normalement ils sont exclus des lieux où on prend des décisions dans l’église, donc on pense que « l’église » ce sont les prêtres. Les laïcs doivent seulement obéir aux ordres. Chez les laïcs il y a une grave carence de formation, aussi parce qu’on manque des moyens financiers pour cela. Quelque part manque aussi le Conseil pastorale paroissial ou diocésain. L’idée d’église-communion n’est pas encore assimilée. La tendance est celle d’aller dans la même direction que la politique ou l’administration. Le rôle de l’église comme sacrement de salut entre Dieu et le monde n’est pas trop reconnu.
Parfois notre approche à la souffrance des gens est trop faible et alors ils vont chercher ailleurs. Combien les intérêts économiques gâtent-ils nos relations ?
Pour mieux faire. Il y a quelque chose à changer dans la formation des prêtres, par rapport à la manière d’exercer le pouvoir et le ministère. Prêtres et évêques sont d’abord appelés à être des vrais pasteurs.
2.3. RévélationDV 4, 5, 12, 25. En quoi le peuple de Dieu meurt-il encore à cause de l’ignorance de la Parole et quoi faire ?
Le groupe a lu tout le document Dei Verbum. Le Christ est l’achèvement de la révélation. La Révélation est à croire et l’église a la tâche de l’interpréter. Il est évident que l’ignorance de l’Ecriture est l’ignorance du Christ lui-même. Le peuple se meurt parce que les pasteurs sont éloignés du Verbe et ils n’ont pas rencontré la Parole : que peuvent-ils annoncer ? La dichotomie entre la prédication et la vie au niveau pasteurs est un frein à l’accueil de la Parole. Il faut donc, pour les pasteurs, cette vraie rencontre avec la Parole et la témoigner avec la vie. En plus les gens, nombreux, ne savent pas lire et surtout les jeunes sont encombrés par des idéologies. Les fidèles souffrent du manque de guides, tout en ayant une grande soif de vérité, du mystérieux et des miracles. Fondamentalismes et fausses révélations gardent prisonniers nos fidèles.
Quoi faire ? Il faut instruire le peuple : formation, catéchèses sur la Parole de Dieu, en saisissant toute occasion, homélies comprises. Les communautés de base sont un lieu privilégié mais il faut encore la présence du pasteur pour bien interpréter l’Ecriture. L’étude biblique est à encourager ainsi que la formation théologique des laïcs, et la lecture personnelle constante de la Parole.
L’exhortation apostolique post synodale Vebum Domini est aussi un document à exploiter.
2..4. Eglise dans le monde contemporainGS 1, 8, 74. Un plus grand engagement de l’église dans le contexte socio politique économique de nos pays.
L’église fait beaucoup et elle est solidaire avec la famille humaine et chrétienne mais elle reste trop dans la sphère de la charité. Elle devrait s’ingérer dans la gestion politique, sociale et économique pour la construction du bien commun, pour lequel il faut de la formation. L’église avec ses leaders doit donner l’exemple et indiquer le chemin à suivre, avec des choix concrets. L’autorité de l’église doit avoir un plan avec des lignes claires à suivre. Pourquoi pas une aumônerie pour les politiciens ? Il faut promouvoir un protagonisme de la base. La structure de l’église est trop pyramidale, favorisée aussi par notre situation sociale et culturelle. Faire formation politique come on le fait en théologie et en spiritualité. Elle doit toujours veiller à la justice, paix et intégrité de la création.
3. Relation entre les Concile et les deux Synodes des évêques pour l’Afrique.
En 1994 à Rome on a célébré le premier synode des évêques pour l’Afrique auquel s’en est suivi l’exhortation post synodale Ecclésia in Africa (1996) et en 2009 le deuxième synode suivi par le document Africae Munus (2011)
Les ouvertures et les intuitions du Concile sont reprises dans ces documents, en particulier in Ecclésia in Africa qui en fait plusieurs fois mention spécifique.
3.1 Concordances
Le n° 2 d’EA nomme le Concile expressément. Le creuset dans lequel cette citation est faite est celui de la collégialité des évêques, dans l’église. Rappel est fait aussi au discours de Paul VI à Kampala : ‘Africains vous êtes désormais les missionnaires de vous-mêmes’.
On trouve d’autres citations en EA 3, 4, 5. Les textes du Concile cités sont nombreux, en particulier Lumen Gentium, Gaudium et Spes, Sacrosanctum Concilium, Apostolicam Actuositatem, Presbyterorum Ordinis, Christus Dominus.
En Africae Munus on ne trouve pas la même continuité.
3.2 Grandes intuitions du Concile présentes dans les deux Exhortations apostoliques post synodales : Ecclésia in Africa (1996) et Africae Munus (2011).
- Ecclésiologie. L’église comme famille qui déjà était annoncée in LG 6 réapparaît in EA 6.
- Inculturation.En EA ch. 3 n° 62-64 on parle de compatibilité avec le message évangélique et de la communion à garder avec toute l’église, comme critères de discernement. De GS on reprend l’idée de l’église solidaire avec le monde de ce temps en EA 63. Pour la liturgie, on retrouve le Concile en EA 64.
- Engagement pour la justice. Le regard sur la politique de GS se retrouve en EA au ch. 4.
- Spiritualité. En AM 34 – 35 on retrouve la spiritualité de communion et AM 92 – 94 reprend Notra Aetate n° 2 et 3.
Débat.
Les débat a porté surtout sur le témoignage de vie des prêtres et sur le sérieux de la catéchèse comme chemin d’initiation à la foi chrétienne.
Les ouvertures et les intuitions du Concile restent encore en grande partie à accomplir notamment par rapport à l’église-communion, à la catéchèse et à la liturgie. Les grands espaces que le Concile laisse aux églises locales et à leurs responsables, jusqu’à aujourd’hui ne sont pas exploités On se limite encore à copier Rome, sans faire réflexion et recherche.
p. Gaetano Montresor
Missionnaires Comboniens
Province Togo-Ghana-Benin
Commission Formation Permanente.
Session FP
Supérieurs de communauté
1 – 2 mai 2013
Les supérieurs des communautés comboniennes du Togo, Ghana et Benin se sont rencontrés à Agoé pour une session de Formation Permanente le mercredi 1er mai 2013 dans l’après midi et le jeudi 2 mai dans la matinée.
Construire la fraternité dans la communauté
Mercredi 1er Mai 2013
1. Communication de p. Peter Accorley svd
Le P. Peter Colley, supérieur provincial des SVD a présenté le thème : Construire la fraternité dans la communauté.
Introduction.
La communauté religieuse est une famille de frères réunie au nom de Jésus qui mettent en commun des biens spirituels, intellectuels et même matériels, pour une meilleure réalisation de l’idéal religieux et pour un rendement supérieur du ministère. Ils sont comme incorporés dans un corps organisé et ils sont tenus à une règle commune et de l’observer. Ils pratiquent les vertus propres de la vie commune: l’obéissance, l’humilité, la charité, l’entraide et le support mutuel.
La vie commune se construit sur la modèle de la Sainte Trinité.
Autant que possible, les communautés doivent être dotées d’une vie fraternelle et de partage, d’un engagement religieux et missionnaire, d’un caractère international, d’un horaire de prière en commun, du partage de la Parole de Dieu et de la célébration de l’Eucharistie, d’un repas en commun.
1.1 Vie fraternelle et partage.
Il a parlé des attitudes du religieux vis-à-vis de la communauté dont il est appelé à être un constructeur et non un simple consommateur. Il n’y a pas donc d’espace pour l’individualisme et pour la différence des personnes, mais plutôt pour un esprit de collaboration, d’unité, d’égalité même économique, de vérité, de transparence et de simplicité, délicatesse, gentillesse, confiance et dialogue avec la capacité de reconnaître et accepter les différences. La fraternité se construit à travers une bonne communication interpersonnelle et une gestion qui emmène au consensus plutôt qu’à l’imposition par majorité.
1.2 Engagement religieux et missionnaire.
Le religieux est envoyé par la communauté dans sa mission spécifique aussi quand il est au service d’un diocèse, dans une paroisse ou dans une œuvre. Cela peut provoquer parfois des tensions entre l’autorité religieuse et diocésaine, mais la dimension religieuse ne peut jamais être oubliée.
1.3 Caractère international.
Il est présenté comme un échange des dons, vécu dans la liberté personnelle et de la communauté, qui demande le respect de la culture de chacun. Il faut gérer les inévitables tensions générationnelles, relationnelles, culturelles, nationales. Ce qui doit primer est l’identité chrétienne et religieuse dans le vivre ensemble de différentes races.
Conclusion.
La fraternité vécue en communauté est appelée à donner un témoignage de joie, malgré les difficultés pour un épanouissement humain et une richesse pastorale.
2. Débat.
A cette communication suit un débat sur des situations concrètes dans la vie des communautés en réponses à deux questions :
- Propositions concrètes pour bien construire la fraternité dans la communauté.
- Témoignages de la vie religieuse pour l’église locale : clergé et fidèles.
2.1Les interventions des confrères ont affirmé que si il n’y a pas un’attention à respecter les bien connues attitudes propres à la vie religieuse, toute règle et dispositions, que nous avons en quantité, ne serviraient pas à grande chose.
En cela la formation de base et le discernement sont très importants.
La vie religieuse doit soigner beaucoup l’accueil en particulier des nouveaux confrères affectés à la communauté ; et la rotation, afin qu’elle ne soit pas trop rapide.
Une spécificité qui est propre à la vie religieuse, la créativité, doit être vérifiée avec patience dans la communauté locale et provinciale : mettre les confrères devant les faits accomplis ne construit pas la fraternité et ne donne même pas de futur à l’intuition eue.
2.2En relation avec l’église locale est important le témoignage de la vie commune et l’accueil, vécu dans une simplicité de vie, avec une attention particulière aux personnes et aux structures.
Lettre de la Direction Générale : Fraternité, chemins de réconciliation
Premier subside : Devenir frères
Jeudi 2 mai 2013
P. Gaetano Montresor a présenté aux confrères, supérieurs de communauté, le thème de spiritualité de l’Institut pour l’année 2013 : Fraternité, chemins de réconciliation, et le premier subside : Devenir frères.
1. Introduction.
1.1 Le chemin qui nous est proposé est un chemin fait en communion avec l’Institut, avec tous les confrères. C’est un chemin demandé par le Chapitre Général, qui pour nous est la voix de l’Esprit.
1.2 La spiritualité nous est présentée dans son aspect précis de fraternité qui demande des chemins de réconciliation. Cela est sans doute dû à notre situation de personnes humaines, au réalisme de la vie religieuse et ses difficultés, à l’histoire combonienne avec ses moments de divisions et à notre situation d’aujourd’hui avec ses difficultés de communion.
1.3 Le chemin que nous sommes invités à parcourir est à la fois personnel, communautaire, provincial et d’Institut.
1.4 Il est un chemin lent et toujours à recommencer.
1.5 Finalement c’est un chemin qui devient de soi-même une annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus.
2. Les contributions prévues dans cette année 2013 pour vivre la spiritualité de la fraternité.
2.1 La fraternité dans la vie communautaire: devenir des frères.
2.2 La réconciliation personnelle
2.3 La réconciliation comme mission
2.4 La réconciliations dans notre histoire combonienne
2.5 Célébrer la réconciliation.
3. Devenir des frères.
Nous sommes appelés à faire des chemins de réconciliation pour vivre une vraie fraternité dans la vie en communauté.
3.1 Etre frères : une expérience.
Les termes ‘frère’ ‘fraternité’ portent en eux le radical ‘fre/a’ qui veut dire ‘se briser pour se partager’ avec quelqu’un autre que soi, qui est un complément, dont on a besoin pour redevenir un tout harmonieux et épanoui. Toute fracture porte une souffrance et pose une difficulté et crée une limite à la perfection. Un frère a besoin de son frère pour se reconstituer et se compléter. Dans ce chemin de reconnaissance réciproque on peut expérimenter la blessure qui conduit à la haine même, qui, parfois, se transforme en vengeance sur celui qui est la cause de la blessure, parce que même sa seule présence crée une fraction. Se savoir frère et appeler l’autre, frère, c’est admettre d’avoir subi une fracture et que seulement sa recomposition rétablit l’équilibre et le bonheur. La jalouse de l’enfant à l’arrivée de son petit frère, le partage de l’héritage, n’en sont que des exemples.
La relation de fraternité est une relation privilégiée que l’on expérimente dans la nature, lien de sang ; dans la culture, lien des coutumes ; dans la vie religieuse, lien du charisme.
Le principe de la fraternité a guidé aussi la méthodologie de la mission de Jésus. ‘Il n’a pas eu honte de les appeler : frères’ ; ‘Va dire à mes frères…’ ; ‘une multitude de frères’.
3.2 Etre frère dans l’expérience combonienne.
Nous sommes une communauté de frères. Le missionnaire combonien est un religieux et ce qui caractérise l’être religieux combonien est le vivre en communauté, comme des frères. Notre congrégation est composée de prêtres et des frères. Personnellement j’ai pu mieux saisir le sens profond de l’être ‘frère combonien’ seulement lorsque j’ai eu l’opportunité de vivre pour un temps continu et prolongé à côté des frères. C’est là que j’ai compris que la vocation du frère se qualifie tout simplement par son ‘être frère’ et porter le message de la fraternité. Tout le reste : profession, diplômes, capacités techniques sont un ajout très important mais seulement complémentaire. Nous les prêtres comboniens souvent nous sommés qualifiés par notre être prêtres missionnaires plutôt que pour notre être religieux. Le frère, par contre, il n’as pas de choix s’il veut être épanoui : lui il est ‘le frère’. Combien de fois les gens lui reconnaissent le bien fondé et les bienfaits de cette vocation ! Quant il oublie ce trait caractéristique de sa vocation et il fait trop de confiance à sa profession, il risque d’être malheureux. Entre prêtres et frères comboniens, le partage et la complémentarité se font au niveau de la fraternité.
Cette fraternité est une valeur à rechercher continuellement, malgré toutes les difficultés que cette recherche demande. Avec la pleine conscience que la fraternité se réalise toujours en partie et qu’il reste toujours un chemin à parcourir pour la rejoindre et la faire grandir.
Frères on le devient et pour nous le lieu de la construction de la fraternité est la communauté.
4. Le supérieur appelé à construire chemins de réconciliation.
Dans sa mission de supérieur, le confrère choisi pour ce rôle, est appelé a favoriser les chemins de réconciliation pour créer fraternité dans la communauté. Pour ce faire il doit avoir à l’esprit certaines convictions et réalités qui lui permettront d’espérer une réussite dans sa mission.
4.1 Doit être claire et être accepté par les confrères que le chemin demandé a un fondement charismatique, et qu’il réalise la mission combonienne. Il y a une objectivité dans ce chemin qui enlève tout soupçon qui emmènerait à penser que le supérieur est en train de suivre des idées et des buts personnels à lui.
4.2 Réaliser la fraternité par des chemins de réconciliation est le désir profond, le testament qui nous a été laissé par notre Père Fondateur. Cela exige un respect et il est engageant, comme toute parole de testament.
4.3 Il faut toujours faire attention et tenir compte de la situation réelle des confrères, sans prétendre qu’ils soient là où ils ne sont pas, ou là où on ne voudrait pas qu’ils soient. Il y a des situations dans lesquelles une personne ne peut pas répondre malgré toute sa bonne volonté et tout son esprit de foi. Dans d’autres situations ce sont la volonté ou la foi qui sont trop faibles.
4.4 Normalement pour obtenir un résultat il faut que trois éléments jouent ensemble : la bonne volonté et le désir de parcourir le chemin qui sera présenté ; qu’il soit accompagné par des techniques appropriées appliquées ; et soutenu par la puissance de l’Esprit invoqué dans la prière.
4.5 Plus humainement il faut stimuler un sain orgueil et une saine ambition qui pourraient se fonder sur l’expression de Saint Augustin : Si ceux-ci et celles-là, pourquoi pas moi ?
Débat
Les supérieurs ont fait entre eux un partage en communicant idées et expériences.
- Très importants sont l’identité et le sens d’appartenance à sa propre communauté.
- Il faut créer un climat de confiance, en promouvant les bien qui est dans chaque personne et en oubliant un peu le négatif. Se promouvoir réciproquement est une valeur très importante autant que se demander pardon et se remercier.
- On fait le constat que la correction fraternelle est un instrument très difficile à employer et, de fait, presque partout non employé.
- Citation: Voir tout, couvrir beaucoup, corriger peu !
- Que le découragement ne prenne jamais le dessus.
- Ne - jamais mêler les gens dans nos affaires, qui peuvent être aussi parfois disputes ou querelles. Par là, donc, éviter tout commérage.
- Ne pas laisser entrer dans la communauté le principe du ‘grand frère’ soit en âge qu’en profession religieuse. Nous sommes tous des frères égaux en dignité.
P. Gaetano Montresor




Le pape François a comparé les commérages à la trahison de Judas, au cours de la messe de 7h, ce 27 mars, Mercredi Saint, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, dans son homélie rapportée par Radio Vatican.






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WE WISH YOU ALL THE BEST FOR YOUR MISSION IN CENTRALE AFRICA REPUBLIC
BOYEYI BOLAMO, YOU ARE WELCOME LIKE THEY SAID IN DR CONGO BUT AT BUTEMBOU THE SAID KARIBU
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